dimanche 4 mai 2014

prédication parabole des mines donnée à Aubagne, La Ciotat et Magnan le 3 Mai 2014

La parabole des mines. Luc 19- 12 à 27  lecture du texte 1 Samuel 8, 7 à 22
Cette parabole est de prime abord troublante. Elle est très proche de celle figurant dans l’évangile de Mathieu au chapitre 25- 14 à 30 que nous connaissons sous le nom de  parabole des talents.
Je commenterai celle écrite par Luc car elle contient une indication essentielle en prologue.
« Jésus  ajouta une parabole, parce qu’il était près de Jérusalem et qu’ils imaginaient que le règne de Dieu allait se manifester à l’instant même »
Jésus entrait dans le temps du supplice et les disciples n’avaient encore rien compris, ils attendaient une arrivée triomphale de Jésus.
Leur culture juive les appelait à croire que le messie des juifs, le nouveau roi d’Israël, le nouveau David allait enfin régner, c'est-à-dire se  manifester comme roi de chair et établir son royaume avec comme capitale Jérusalem.
Ils s’apprêtaient donc à acclamer la victoire du roi tant attendu, comme leurs ancêtres  avaient en leur temps acclamés le roi Saül présenté par le prophète Samuel.
Le  récit dit des rameaux décrivant l’arrivée triomphale de Jésus à Jérusalem suit chez Luc le texte de la parabole des mines.
Or vous savez combien ce triomphe a un goût amer de mauvaise comédie qui prélude à l’exécution du soit disant roi des Juifs, abandonné de toute une population d’excités aussi prompts à s’enthousiasmer qu’à condamner. Dans la foule les disciples chantaient « béni soit celui qui vient, le roi au nom du seigneur » !
Après la parabole, nous venons de l’évoquer, la fête des rameaux, mais avant le texte relatant la  réception de Jésus chez Zachée, le collecteur d’impôts, qui se termine par cette sentence solennelle « le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ».
C’est dans le logis même de Zachée, que Jésus prit l’initiative de prononcer la parabole des mines avant de partir vers Jérusalem.
Cette parabole est ainsi insérée dans l’évangile de Luc à un endroit stratégique, elle est de ce fait, sans aucun doute, nécessaire à la compréhension du message véhiculé par Jésus.
A la table de Zachée Jésus narra donc une histoire, celle d’un homme de haute naissance. J’ai vérifié la signification du terme Grec, eugenes. Il y a deux traductions possibles ; homme bien né ou esprit noble. Dans toutes les traductions bibliques c’est la première signification qui a été  retenue par les traducteurs.
Ainsi ce personnage est de haute naissance mais n’est pas forcément un esprit noble ! Rien ne prouve qu’il ne soit pas comme le dit le mauvais esclave un homme dur et voleur. Or la quasi totalité des auteurs des commentaires que j’ai consulté pensent que  cet homme noble est  la représentation de Jésus. 
L’ homme bien né s’absente pour se faire investir de la royauté et ensuite revenir, mais ses concitoyens envoient une ambassade au puissant maître qui investi pour demander qu’il ne soit pas nommé roi, peine perdue toutefois !
A ce stade de la réflexion il est indispensable de faire état du contexte historique de la Judée et de la Galilée, sachant que de sa naissance à sa mort Jésus aura à faire avec les rois Hérodiens régnant sur la Palestine.
Je vais vous raconter briévement leur histoire.
Avant de mourir en 4 AJC, Hérode écrivit un testament qui partageait son royaume entre ses 3 fils. Archelaus reçut les territoires de Judée, Samarie et Idumée,  Hérode Antipas reçu entre autres lieux la Galilée, Philippe plusieurs contrées non juives.
Archélaus, à la mort de son père en 4 AJC, proposa au peuple de lui présenter ses doléances. Les porte parole  demandèrent moins d’impôts et la destitution ou la mise à mort des délateurs vendus à Hérode le grand.
Archelaus ne donna aucune suite aux demandes, le peuple se révolta, la répression fut atroce, 3000 cadavres furent dénombrés devant le temple à Jérusalem.
Archelaus se rendit alors à Rome pour faire ratifier par Auguste le testament d’Hérode. Ce qu’il fit dans l’espoir qu’ Archelaus maintiendrait l’ordre comme son père le fit.
Toutefois, les troubles s’amplifiaient gravement sans qu’Archélaus puisse rétablir l’ordre. On violait, volait, tuait, l’impôt ne rentrait plus, un dénommé Juda de Gamala se proclama même roi en Galilée.
Une délégation Juive se rendit alors à Rome pour demander la destitution du roi Archelaus. Auguste n’accéda pas à cette demande et pendant 8 ans Archelaus régna en tyran. Il destitua même deux grands prêtres  trop critiques à ses yeux de ses mœurs dissolues.
Auguste exaspéré envoya alors le général Varus à la tête de 3 légions, cantonné à Antioche, pour remettre de l’ordre et exila Archelaus à Vienne en Gaule.
Dans la lutte entre les trois légions romaines et les juifs les massacres furent épouvantables, des milliers de juifs furent massacrés dont au moins 2000 furent crucifiés. Une forêt de croix s’éleva à l’entrée des villes et tout le long des routes de Judée, Samarie et Galilée.
La Judée et la Samarie furent gouvernés dès lors directement par Rome. A Nazareth Jésus venait d’avoir 9 ans !
En Galilée le roi Hérode Antipas régna pour sa part jusqu’en 39 AJC, ensuite il fut exilé à St Bertrand de Comminges.
Dans le domaine de la cruauté il n’avait rien à envier à son père et à son frère.
C’est lui qui fit couper la tête à Jean  le baptiste et ridiculisa Jésus lors de son procès comme le rapporte Luc au chapitre 23 versets 11 et 12
 « Alors Hérode aussi, avec ses gardes le traita avec mépris, et après s’être moqué de lui et l’avoir revêtu d’un habit resplendissant, il le renvoya à Pilate »
Ainsi Jésus depuis sa naissance et jusqu’à sa mort fut confronté aux rois de la famille d’Hérode le grand, dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils étaient des tyrans se moquant de toute morale, fous de pouvoir et contrevenant sans retenue aux lois juives. Il était évidemment marqué psychiquement par ces horreurs et ce d’autant plus que Joseph et sa famille étaient en exil à Nazareth. Joseph, en effet, avait choisi, conseillé par Dieu en rêve, d’éviter un retour en Judée où régnait Archelaus.
La décapitation de Jean le Baptiste par Hérode Antipas l’avait aussi fortement meurtri.
Nous avons lu le texte de Samuel sur les dangers des royautés, il s’applique sans mal aux royautés Hérodiennes.
Le roi dont parle Jésus dans la parabole est un roi rappelant tellement Archelaus et Hérode Antipas qu’il est impensable qu’il puisse représenter Jésus.
Ce  roi se qualifie lui même d’homme sévère certes mais aussi de voleur, récoltant ce qu’il n’avait pas semé, prenant ce qui ne lui appartenait pas.
Il va même jusqu’à égorger ses concitoyens opposants, enfreignant par là les règles de pureté Juives.
C’est ce qu’avait fait Hérode Antipas en décapitant Jean le baptiste !  Le sang chez les juifs est le souffle de vie qui appartient à Dieu et que celui-ci réclame comme son bien propre. Egorger un homme est le comble de l’impureté.
Avoir des esclaves était pour un juif une entorse à la loi.
Proposer à un esclave de porter l’argent à un prêteur, c’est une abomination car pour les juifs les prêts à intérêts sont bannis comme indiqué à plusieurs reprises dans l’ancien testament, ainsi en Deut 23, 20 et 21
« Tu n’exigeras de ton frère aucun intérêt, ni pour de l’argent, ni pour des vivres ni pour rien de ce qui peut se prêter à intérêt » 
D’ailleurs Jésus, lorsque la colère le prit à la vue de tant de manquements à la loi mosaïque et ce dans l’enceinte même du temple, renversa la table des prêteurs ou si vous préférez des banquiers.
Le mot Grec traduit par banque est le même dans le texte de la parabole et dans le récit des marchands du temple.
Sans aucune pitié, au mépris de toute équité  le roi indique ensuite «  je vous le dis on donnera à celui qui a,  mais à celui qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il a »
Pouvez vous imaginer que les disciples venant d’écouter Jésus proclamant qu’il est venu sauver ce qui est perdu, puissent un seul instant le confondre avec cet homme bien né certes, mais sacrilège et rappelant tant les rois Hérodiens hais par le peuple. Eux aussi, comme Jésus avaient été témoins des drames induits par ces rois délinquants.
Quelle est la réponse apportée à l’interrogation des disciples, au tout début de la parabole, sur  la manifestation imminente du règne de Dieu ?
Je n’ai trouvé qu’une seule réponse à ce questionnement.
En termes humains, dans ce monde livré à Mammon, les hommes bien nés occupent les places de choix, ils sont distingués par des titres souvent héréditaires et des fonctions honorifiques. Ils s’arrogent tous les postes de responsabilité. Ils réduisent en esclavages les plus pauvres, les moins bien nés, les étrangers. Ils parasitent parfois la société en refusant de déchoir en travaillant.
Très généralement ils accumulent les biens au détriment des sans grades.
Telle était la société du temps de Jésus, telle est la société d’aujourd’hui quand les régulations ne jouent plus leur rôle.
Jésus vient de présenter la victoire sur terre de ces rois corrompus dont les prototypes sont les rois Hérodiens.
Comme nous sommes parfois nous aussi tentés de le faire, car le malin est tapi en chaque homme, ils voulaient accumuler les biens, gagner toujours plus, occuper le haut du pavé, supprimer les révoltés, les apeurés, les non violents, tous ces empêcheurs de danser en rond.
Après  avoir ainsi montré quel était le visage d’un roi terrestre, visage qu’il ne voulait pas avoir, Jésus partit seul devant le groupe de ses fidèles pour monter vers Jérusalem.
Et les disciples chantèrent le jour des Rameaux «  béni soit celui qui vient, le roi au nom du Seigneur ». Porté par  la foule excitée. Jésus allait il régner ?
Pour toute réponse à cette interrogation, Jésus se tut devant le peuple, Pilate, Hérode, le sanhédrin. Car ce n’est pas sur le modèle des rois Hérodiens que les hommes de pouvoir honnêtes peuvent se fonder pour sauver spirituellement leurs affidés. Jésus ne fonde pas un royaume terrestre mais attise une flamme spirituelle portée par la communion des saints.
Devant des hommes pourris par le pouvoir, il n’était pas possible de tenir un langage spirituel qu’ils ne comprenaient plus.. Ces hommes là discourent en termes d’avoir, de domination. C’est pourquoi le roi de la parabole récompense les bons esclaves en leur donnant la direction de villes sur lesquelles ils lèveront l’impôt et recruterons les guerriers indispensables à leur protection et à de nouvelles conquêtes.
Quant à l’esclave qualifié de mauvais, il lui faut bien du courage pour affronter  un roi sévère et redoutable. Malgré ses peurs il refuse de faire des affaires louches, de faire fructifier l’argent sale et d’enfreindre la loi de Dieu.
C’est lui qui dans la parabole est le plus important. Son geste ne rappelle t’il pas celui des objecteurs de conscience et de tous ceux qui à un moment se sont mobilisés pour dire non à un monde régi  par les puissants bien nés qui prennent ce qu’ils n’ont pas déposé et qui moissonnent ce qu’il n’ont pas semé. Je pense à cette image indélébile de ce jeune homme sur la place Tien an Men à Pékin bras en croix barrant la route aux chars de l’oppression
La vie d’un esclave est à la disposition de son maître, il la risque en refusant de faire comme les autres des affaires.
N’est ce pas en ce pauvre hère qu’il faut chercher Jésus?
Il savait lui qu’en montant vers le lieu de l’infamie, se dresserait une croix semblable à toutes celles qu’il vit enfant le long des routes quand il revint de l’exil en Egypte. C’est au moment de la crucifixion que s’ouvrit, en même temps que le voile du temple se déchirait, la longue lutte des chrétiens pour construire un monde nouveau sans injustices.
Chers disciples, frères et sœurs, Jésus est  venu chercher et sauver ce qui était perdu. Pareil au mauvais esclave insoumis il dit non, préférant comme lui la justice de Dieu à celle des hommes.
Pas de miracles à attendre des puissants de ce monde et des rois corrompus, pas de venue d’un sauveur sur un char étincelant, mais un laborieux travail pour faire triompher le commandement d’amour du maître. Plus d’esclave, plus d’étrangers, mais des hommes tous sauvés, tous enfants de Dieu et de ce fait respectables.
C’est à Pâques que le monde des rois est vaincu, Jésus ressuscite dès lors dans nos cœurs de chair en nous donnant le saint esprit.
Samuel et Dieu ont capitulé devant la demande pressente d’un peuple égaré voulant un roi.
Quelque mille ans plus tard en suscitant Jésus, Dieu est venu à notre secours pour nous guider sur la voie du changement radical permettant seul de parcourir les chemins de l’évolution.
Evolution de l’humanité mais aussi du créateur dans relation qu’il nous appartient d’orienter selon les enseignements de Jésus.
Le souvenir des plus puissants rois se perd dans les sables des déserts, la présence de l’esprit saint en chaque humain éternise notre vie.
 




mardi 18 mars 2014

prédication sur les actes donnée à Aubagne, La Ciotat et Marseille Magnan

Actes 2 versets 14 à 36 et Actes 17 versets 16 à 34

Je voudrais aujourd’hui vous inviter à vous étonner devant ce document extraordinaire qu’est le livre des Actes.
Luc après avoir écrit son évangile c’est soucié de lui donner un prolongement.
Daniel Marguerat, professeur de nouveau testament à l’université de Lausanne écrit
 « Le livre des Actes est unique en son genre dans le nouveau testament : ni évangile, ni lettre, ni écrit prophétique, il raconte le déploiement de la première chrétienté dans le monde après la mort et la résurrection de Jésus.
Ecrire une histoire d’apôtres après l’histoire de Jésus est un geste unique dans l’antiquité chrétienne : nul ne l’a accompli avant Luc et nul ne le répétera après lui.
Cette nouveauté littéraire traduit un changement, l’agir du Christ se poursuit à travers ses témoins et doit être raconté comme uns suite de l’évangile.
La décision théologique est d’un poids considérable, puisque la révélation ne se limite plus à la vie de Jésus, mais englobe désormais l’histoire des témoins.
Avec les actes, l’évangile fait histoire. »
Imaginez : ni la mort de Jésus, ni la détresse des apôtres n’ont cassé la dynamique engagée par Jésus.
Je pense que Luc m’aurait repris en ajoutant comme cause de cette puissance stupéfiante, l’effusion de l’esprit saint. Ce point est essentiel dans la pensée de Luc.
Ainsi en Actes 1 verset 6 à 8, il relate la promesse de Jésus
« Ceux qui s’étaient réunis lui demandaient : Seigneur est-ce en ce temps-ci que tu vas rétablir le royaume pour Israël ? Il leur répondit : il ne vous appartient pas de connaître les temps ou les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous recevrez de la puissance quand l’esprit saint viendra sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et en Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Cette promesse est, vous le savez certainement, accomplie par l’effusion de l’esprit longuement décrite dans le chapitre 2 du livre  des Actes. Cette effusion donne lieu aux réjouissances de la Pentecôte.
La résurrection de Jésus c’est cela, rien n’est fini, tout est en place en nous, témoins du Christ dans toutes les générations à venir, par la grâce de l’esprit.  
La bonne nouvelle sera portée partout dans le monde, et ce, contre vents et marées, car elle seule fait vivre.
Et Luc évoque l’action de cette puissance qu’est l’esprit saint au moyen d’un récit structuré, parfaitement exact dans ses indications tant géographiques qu’historiques.
Il choisit de relater, d’abord le développement de la foi en Jésus, à Jérusalem puis dans les villes proches et enfin dans l’empire Romain.
Les figures des leaders sont celles de Pierre, Etienne, Philippe et Jacques le frère de Jésus. Mais sans conteste c’est Paul, dans sa mission de pasteur des païens qui constitue l’exemple essentiel choisi par Luc pour illustrer la puissance du Saint Esprit.
Le texte des actes a été rédigé entre 80 et 90, à une époque où les relations entre  chrétiens et juifs avaient cessées, Pierre et Paul étaient morts martyrisés par Néron vers 65, c'est-à-dire depuis une vingtaine d’années et les épîtres de Paul remontaient à plus de trente ans.
L’auteur Luc appartenait à la troisième génération après Jésus, Les chrétiens qui attendaient le retour du Christ dans le cadre d’un jugement général perdaient espoir en son retour rapide, il fallait ce livre des Actes pour recadrer le cheminement d’un christianisme en développement rapide.
Le texte que je vous ai lu fournit d’emblée une réponse à ce malaise : nous ne pouvons savoir quand le père décidera du jugement, mais l’esprit fournira la puissance nécessaire aux témoins pour que la bonne nouvelle soit colportée dans le monde.
Il est bien évident que Luc opère une lecture croyante de l’histoire, seuls les éléments aptes à servir sa lecture théologique sont retenus.
Cette lecture vise à montrer comment Dieu conduit les siens.
L’esprit qui habite les témoins est l’instrument dont Dieu se sert.
Dans les récits du livre des Actes, l’irruption de l’esprit saint est la signature divine accordée à la mission des apôtres lorsqu’elle s’ouvre à l’universalité.
Ce n’est jamais l’église qui en prend l’initiative : l’esprit précède les apôtres et agit à la stupeur des croyants.
Parmi les exemples justifiant cette assertion la fin de la coupure plurimillénaire entre le pur et l’impur est significative.
Pierre en rêve voit des mets impurs que Dieu ordonne de manger, alors que parallèlement le centurion Corneille est amené, suite à un rêve, à convoquer Pierre
Pierre commence alors son discours à Corneille  par cette phrase (Actes 10 28)
«Comme vous le savez c’est un crime pour un juif que d’avoir des relations suivies et même  quelque contact avec un étranger. Mais à moi Dieu vient de me faire comprendre qu’il ne fallait déclarer pur ou impur aucun homme »
D’un seul coup, l’initiative de Dieu libérait les contacts entre humains car (1Co 12:13)
«  Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit ». 
 A ce stade de la réflexion, je voudrais attirer votre attention sur le fait que Luc n’a pas décrit l’ensemble de la progression de l’église, et il s’en faut de beaucoup. Il n’en a d’ailleurs pas la prétention
Le personnage de Paul mis en scène par Luc et connu par ses épîtres est certes éminemment important, mais il existait d’autres missionnaires qui ont progressé dès le premier siècle jusqu’à l’Inde et probablement la Chine, des communautés importantes autour de la Méditerranée s’étaient constituées par exemple à Antioche, Césarée et Alexandrie.
C’est la puissance Romaine, assistée par un clergé à ses ordres, qui, lorsque le christianisme devint au 4 me siècle religion d’Etat, a gommé la diversité des communautés chrétiennes.
L’histoire de la chrétienté s’est réduite, pour la grande majorité des chrétiens des deux premiers millénaires,  à l’épopée Paulinienne.

Luc a-t-il disposé de traces écrites des discours des missionnaires qu’il décrit ? Certes pas, car il n’y avait à cette époque ni sténo dactylos ni  magnétophones. Or les 24 discours figurant dans le texte du livre des Actes occupent le tiers du livre !
 Comme l’indique le professeur Marguerat, les historiens de l’Antiquité, qui aimaient à placer des discours sur les lèvres de leurs héros  faisaient face à la même difficulté.
Ils suivaient le principe adopté par Thucydide
« J’ai exprimé ce qu’à mon avis ils auraient pu dire qui répondit le mieux à la situation »  (guerre du Péloponnèse). Ce principe légitime la recomposition des discours tout en la soumettant à une double adéquation : le discours reconstruit doit convenir à ce que l’on sait du locuteur et être approprié à la situation. Par ses choix de style et de propos oratoires, Luc a choisi cette règle, adoptant pour ses héros le langage qui lui semblait convenir.
Luc très habilement a procédé ainsi, mais cela laisse des traces.
En particulier, la théologie défendue par Paul se trouve quelque peu modifiée par Luc.
En effet les milieux proches des idées de Paul, auquel appartenait Luc, avaient en l’espace de 30 ans remplacé la centralité de la croix des épîtres de Paul par la centralité de la résurrection.
Chez Luc, la mort de Jésus concrétise l’erreur humaine face à Dieu, mais l’offre de salut s’appuie sur la certitude de la résurrection. La résurrection prend la place qu’occupe la croix chez Paul, ce n’est plus la mort de Jésus qui est objet de scandale pour les juifs et les païens mais la nouvelle que Dieu l’a ressuscité des morts. C’est pourquoi Luc s’attache à signifier l’historicité et la matérialité de la résurrection.
Dans les Actes, c’est l’affirmation de Pâques et non plus la primauté de la loi qui constitue le point de litige entre l’Eglise et  la synagogue.
Pour illustrer ces propos, je vais vous lire deux textes, le premier est celui de Pierre après l’effusion de l’esprit à Pentecôte.  
Actes 2 versets 14 à 36
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Pierre est à ce stade encore totalement Juif dans ses réactions et citations. Son discours est bourré de sémitismes, le style est peu fluide. Pierre ne cesse de citer l’ancien testament afin de démontrer aux juifs que Jésus et les événements extraordinaires de la résurrection et de Pentecôte étaient déjà annoncés dans les textes anciens.
Il est facile de déceler dans le texte la volonté de représenter Pierre tel qu’il était, rocailleux, réaliste et volontaire. Dans cet exercice Luc a réussi. 
Pour examiner comment Luc présent Paul je vous propose d’écouter le discours de Paul à Athènes devant les philosophes réunis sur l’Agora.
Actes 17 versets 22 à 34
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Le discours que Paul tient est habile, il emploie les formes de la rhétorique Grecque en particulier de leurs philosophes. Il cite les poètes tel Epiménide  (6me AJC) avec cette phrase admirable : Car c’est en lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être. Voyez comme ce discours est différent de celui prêté à Pierre. Luc rédige un texte fluide et charpenté, élégant même.
Notez bien que la dérive de la pensée Paulinienne est ici flagrante, c’est la résurrection qui motive le rejet des philosophes et non la crucifixion de Christ et le sacrifice que représente la cène.
Ainsi le livre des Actes nous interpelle et nous concerne directement en tant que témoins de la puissance de l’esprit avérée dans de nombreux événements et personnages au cœur de chair. Comme le précise Paul dans la seconde lettre aux Corinthiens chapitre 3 verset 3 :
« Il est manifeste que vous êtes une lettre du Christ confiée à notre ministère : une lettre écrite , non pas avec de l’encre , mais avec l’esprit du Dieu vivant ; non pas sur des tablettes de pierre mais sur des tablettes de chair, sur des cœurs »

Puissions nous considérer Luc comme celui qui sans en tirer une quelconque gloire a relaté ce magnifique élan, cette puissance déléguée qu’est l’esprit afin de pérenniser la grâce de Dieu pour l’humanité. 

lundi 27 janvier 2014

Jean 14 versets 1 à 7 le 26 janvier 2014 à La Ciotat et le 21 Janvier à Aubagne

Prédication sur Jean 14 versets 1 à 7

Dans le livre de la Genèse il est écrit le texte suivant, postérieur à l’exclusion d’Adam et Eve du paradis.
« Dieu posta, à l’Est du jardin d’Eden, les keroubim et l’épée flamboyante qui tournoie pour garder le chemin de l’arbre de vie. »
La séparation de l’humanité avec Dieu est consommée, nous avons connaissance du bien et du mal mais nous sommes condamnés à ne pouvoir accéder à l’arbre de vie.
La voie est coupée !
La bible dans sa totalité ne fait que raconter les tentatives de Dieu pour restaurer le chemin permettant à l’humanité d’accéder à cet arbre de vie.
Dieu n’abandonne pas son projet de transformation du monde pour lequel il a besoin, dans le cadre des alliances, d’un homme libéré de ses conditionnements.
Ce n’est pas toi ou moi qui cherchons Dieu, c’est lui qui nous relève et cherche à nous redonner droit à l’arbre de vie.
C’est d’ailleurs sur cette promesse que se conclut la bible dans le livre de l’apocalypse
« Je viens bientôt et j’apporte avec moi ma récompense, pour rendre à chacun selon son œuvre.
L’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin, c’est moi.
Heureux ceux qui lavent leur robe pour avoir droit  à l’arbre de vie et pour entrer par les portes dans la ville !
L’esprit et la mariée disent viens ! Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne de l’eau de la vie gratuitement ! »
A travers l’histoire du peuple élu que Dieu s’est choisi, le difficile chemin qu’il faut suivre pour avoir droit à l’arbre de vie est divulgué.
Le cheminement de 40 ans dans le désert, c’est le prix à payer pour atteindre la terre promise. Mais malgré les efforts maladroits du peuple hébreux, le chemin menant à l’arbre de vie n’est pas pour autant ouvert car toujours le tentateur fait retomber dans leurs fautes les hébreux dont la nuque est si raide.
Ces fautes leurs  font quitter la voie de la transformation radicale nécessaire au changement de la relation entre Dieu et les hommes.
Rappelez vous de l’expression « changez radicalement » que, tant Jean Baptiste que Jésus clament si souvent.
Dans le temple de Jérusalem, les juifs avaient isolés, par un voile, l’espace réservé à Dieu.
Le saint des saints était ainsi séparé de l’espace saint ouvert aux prêtres.
Le saint des saints était une pièce dénudée et vide de tout ornement ou réceptacle.
Il était vide afin d’accueillir l’inconnaissable. Le rideau était symboliquement l’obstacle constitué par les anges gardiens de l’accès à l’arbre de vie.
Le messie tant espéré par les juifs au temps de Jésus était censé ouvrir  définitivement le rideau  coupant l’accès à l’arbre de vie source de notre salut!
Pour nous chrétiens ce messie, c’est Jésus. D’ailleurs, comme le précise Luc, quand Jésus  expira, le voile du sanctuaire se déchira par le milieu.
La voie vers l’arbre de vie était, dés lors définitivement rétablie.
Avant d’être supplicié Jésus annonça « c’est moi qui suit le chemin, la vérité et la vie et là, où moi je vais, vous en savez le chemin ».
Le chemin  c’est tout l’enseignement qu’il a distillé durant 2 ou 3 ans et consigné dans les évangiles.
Dans le livre des Actes ( act 24- 14) Paul parle de la voie qu’il suit, le mot voie pourrait être remplacé par «ceux qui suivent le chemin de Jésus ».  D’ailleurs en Actes 9- 2, Luc écrit «  Saül qui respirait encore la menace et le meurtre contre les disciples du seigneur, se rendit chez le grand prêtre et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas ; s’il y trouvait quelques-uns hommes ou femmes, qui étaient de la Voie, il pourrait ainsi les arrêter et les amener à Jérusalem »
Avant de parler de chrétiens on parlait de ceux qui étaient de la voie.
Comme le précise Jean dans le chapitre 14, les disciples, jusqu’à la veille de la mort de Jésus, n’avaient pas compris ce que je viens de vous annoncer, à savoir: Jésus a ouvert le chemin qui mène à l’arbre de vie dont les fruits font vivre à toujours selon la formulation figurant dans la Genèse.
Ce chemin est difficile à suivre comme le précise Matthieu (7 ; 14)
 « Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui les trouvent »
Mais tout indique que ce qui est impossible aux plus faibles est possible à Dieu tant sa compassion à notre égard est grande, encore faut-il solliciter son secours.
J’aimerais maintenant faire observer combien Jésus cherche durant son ministère à cheminer dans tous les espaces de Palestine, allant même en Samarie où vivent des populations hostiles aux juifs, mais aussi dans des zones où vivent des tribus idolâtres.
Il ne cesse de chercher à rencontrer les plus pauvres, les plus compromis et les plus hostiles aux juifs.
Avez- vous noté que les aveugles et autres handicapés sont assis au bord du chemin et qu’une fois soulagés de leurs mots ils cheminent en suivant Jésus ? Les voilà libérés de leurs entraves et ramenés au centre de la route pour entendre les enseignements du maître.
Avez-vous remarqué que Jésus, sur les routes,  marche toujours en tête du groupe?
Il ouvre le chemin.
Ce mouvement incessant est le signe de la vie.
Se rendre vivant c’est accorder une place importante à la rencontre pour parler, échanger, comprendre les ressorts de l’existence des uns et des autres, riches ou pauvres, esclaves ou maîtres.
Se rendre vivant c’est aussi se rencontrer soi même pour donner voix à la part sacrée déposée en chacun de nous par l’esprit saint.
Comme Jésus le fait si souvent il nous faut parfois marcher seul pour, loin de l’agitation du monde, se laisser traverser par la beauté, émouvoir par le vent, écouter les bruissements des insectes, goûter la caresse de l’eau du ciel, respirer les senteurs du soir, méditer devant un ciel étoilé, faire le vide en soi.
Laissons s’instaurer en nous un rythme, une pulsation entre le temps de l’engagement et le temps du recueillement. Jésus, d’ailleurs, s’isole parfois pour ressentir le souffle de Dieu qui le ressource et le fortifie.
Autour de nous combien savent trouver du temps pour ne rien faire ? Beaucoup semblent avoir  peur de se découvrir  et de s’éprouver dans la solitude. Pourtant dit Jésus
Quand tu veux prier (Mt 6:6) «  entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »
Dans un autre ordre d’idée lisons le verset du psaume 143 ou David dit
« Fais moi connaître le chemin où je dois marcher, car je m’élève vers toi »
Superbe phrase qui concerne le but du cheminement, à savoir accéder à la vérité en s’élevant.
Accéder au pourquoi existentiel sans négliger le comment de la science.
La religion a pour rôle d’assister les fidèles dans leur recherche du sens de leur existence. Ce sens ne peut apparaître progressivement que dans le cadre d’un dépassement permettant de se dégager  des lourdeurs de notre quotidien matériel. 
S’élever, atteindre les hauteurs c’est le credo du chrétien.
Jadis, nos anciens ont installés leurs églises en haut des villages, ils les ont en quelque sorte lancées vers le ciel. Ainsi l’église Romane, lieu de rencontre de l’homme avec son Dieu,  pointait sa flèche vers le ciel dans la direction de l’étoile polaire demeure céleste supposée, de Yahvé.
Tout autour de ce point fixe tournent les étoiles en un incessant ballet.
Ce mouvement circulaire, rappelle l’élongation des végétaux qui se fait selon une spirale, la spirale de Fibonacci fondée sur le nombre d’or 1,618. Les bourgeons sont déjà dans le méristème  disposés en hélice. Partout les sculptures des chapiteaux et les enluminures présentent des spirales représentant les chemins qui conduisent au terme d’un enroulement au point censé représenter Dieu.
Pensez à la crosse de l’évêque qui, pour les catholiques, le désigne comme intermédiaire nécessaire pour celui qui cherche à atteindre Dieu au terme de son cheminement.
Dans la pratique, ce sont souvent deux spirales symétriques qui sont représentées car, si le fidèle peut suivre un chemin ascendant vers Dieu, c’est que Dieu lui-même est descendu le premier vers sa créature.
Ne nous étonnons pas alors que sur les chapiteaux Romans, le chemin du croyant soit figuré tantôt  par un homme gravissant une spirale, tantôt par un homme porté par une tige florale d’acanthe.
Cette plante magnifique présente des feuilles très grandes qui fournissent une énergie telle à la plante que celle-ci peut lancer, avec une rapidité déroutante, sa hampe florale vers le ciel en un mouvement hélicoïdal étonnant.
Cette hampe pénètre le ciel comme une vis pénètre le bois !
Ce petit détour vers nos ancêtres et vers les plantes pour vous dire combien Jésus et la création tout entière sont en mouvement, pensez que nos chromosomes ont l’aspect d’une double spirale, n’y a-t-il pas de quoi s’émerveiller ?
Ce mouvement, cette progression le long du chemin tracé par Jésus nous ouvre à comprendre ce qu’est la nature profonde du monde signifiée par le terme vérité.
Se mouvoir le long du chemin à la suite de Jésus qui nous précède sur la voie c’est cela vivre dès maintenant, dans un dynamisme que les tenants de la théologie du process nomment le dynamisme créateur de Dieu.
Vivre, se mouvoir, vouloir comprendre toujours mieux au fil des ans le pourquoi du monde c’est ce que Jésus est venu initier en nous en brisant les entraves à la libre réflexion et en ouvrant nos cœurs à l’amour insensé du créateur. Nous sommes alors véritablement ressuscités  et rendus sensibles à l’émotion qui induit notre mouvement vers les autres.
Pour terminer écoutons ensemble les propos de Zacharie sur son enfant Jean Baptiste rapportés par l’évangéliste Luc (12, 76), il illustre admirablement la prédication.

« Et toi mon enfant tu seras appelé prophète du Très Haut ; car tu iras devant le seigneur pour préparer ses chemins, pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon de ses péchés, grâce à la tendre compassion de notre Dieu. C’est par elle que le soleil levant brillera sur nous d’en haut pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort et pour diriger nos pas vers le chemin de la paix. »        

mardi 17 décembre 2013

prédication pour l'avent 2013

« Tends vers moi ton oreille et sauve moi car tu es mon espoir, Seigneur Dieu »
 Le psalmiste par ces mots implore du plus profond de sa détresse.
Cet espoir fou se cristallise dans l’attente exprimée par Esaïe, celle de l’avènement d’un temps nouveau, d’un sauveur
 « Alors un rameau sortira du tronc de Jessé (le père de David)….En ce jour là, le seigneur étendra une seconde fois la main pour racheter le reste de son peuple. Il dressera une bannière pour les nations, il rassemblera les bannis d’Israël »
Au sein d’un peuple résistant à l’empire romain et regimbant sans discontinuer pour éviter d’être spirituellement broyé, l’espérance et l’attente du messie habitaient les élites spirituelles Juives constituées par les Pharisiens et les Saducéens. Sans parler des zélotes véritables terroristes de ces temps troublés sombrant dans la violence fruit de la désespérance.
Les juifs d’il y a 2013 ans vivaient dans ce contexte trouble, ils savaient que la situation était instable par nature, chaque jour ils se demandaient, de quoi demain serait fait ?
C’est dans ce contexte que Jésus vint.
Son message, bien loin de les conforter dans leur espoir, ne concernait pas les seuls membres du peuple élu comme ils l’attendaient, mais tout homme quelle que soit sa nation ou sa situation sociale.
Les espoirs des juifs qui reposaient sur la venue d’un prophète n’étaient pas satisfaits par cet apôtre de l’amour.
Amour dont l’efficience semblait  pour le moins inadaptée à la restauration du royaume Juif de David, objet de toutes les attentes.
Y a-t-il plus hurlante démonstration de cet échec que la fin ignominieuse de l’homme Jésus, abandonné de presque tous ses disciples, et pendu au bois   entre deux malandrins compagnons d’infortune ?
Comment dans ces conditions faire accepter, par les poignées de convertis, cette improbable espérance tirée des propos de Jésus. Ces propos constituaient un message radicalement différent de ceux tenus par les juifs mais aussi par les prêtres des religions idolâtres des pays méditerranéens ?
C’est le dilemme auquel durent faire face les propagateurs de la foi chrétienne au cours du premier siècle, en particulier ceux rédigeant des ouvrages écrits renfermant le principal des propos et des actes du maître. 
Pour ce qui concerne les disciples juifs il convenait de rattacher autant que faire se peut ces paroles et ces actes à des écrits juifs ayant autorité.
Jésus lui-même avait d’ailleurs bien indiqué qu’il n’était pas venu abolir la loi mais l’accomplir.
Ce travail essentiel fut d’abord mené par Paul expert en dogmatique juive, puis par les quatre évangélistes Marc le plus ancien, Matthieu, Luc et Jean le plus récent.
Pour intéresser les non juifs, la proclamation  de la foi devait  tenir compte des mythes et de la culture méditerranéenne familiers à ces populations.
C’est bien pour avoir oublié cette nécessité que le discours de Paul fut si mal accueilli sur l’agora d’Athènes.
Tout ceci pour dire que les évangélistes ont obéi, en rédigeant leurs ouvrages, à d’autres soucis que le respect de la vérité historique.
C’est ce qu’exprime Luc dans l’introduction à son évangile
« Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des faits qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui dès le commencement en ont été les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la parole, il m’a semblé bon, à moi aussi, après m’être informé exactement de tout depuis les origines de te l’exposer par écrit d’une manière suivie afin que tu connaisses la certitude des enseignements que tu as reçus ».   
Dans les années précédant la rédaction des évangiles de Luc et Matthieu soit de 40 à 80, des récits colportés oralement et des textes écrits circulaient dans les premières communautés chrétiennes. Ils laissaient à désirer quant à leur exactitude historique et ne constituaient pas un ensemble cohérent.
Comme l’indique l’évangéliste Luc, il fallait faire une mise au point.
Ne pas inclure un récit de la naissance de Jésus alors que se disait tout et n’importe quoi, aurait laissé la porte ouverte à toutes les fantaisies.
D’ailleurs ce fut le cas ultérieurement pour les textes apocryphes de la naissance, tels le proto évangile de Jacques à la fin du 2me siècle, mais ces textes furent rejetés par les églises dès le début du 3me siècle.
Entre les évangiles canoniques il demeure  des incohérences liées aux qualités et à la nature des témoignages pris en compte par les auteurs.
Par ailleurs le choix du classement des informations, pour réaliser un ensemble cohérent et suivi, induit, en fonction de la personnalité des auteurs, des divergences.
Bien sûr ces divergences  font les gorges chaudes des agnostiques.
Notons bien que les récits historiques de cette époque n’obéissaient pas du tout non plus à la rigueur de mise en 2013, il s’agissait, avant tout, pour les auteurs, de magnifier les agissements de leurs héros et de leurs maîtres.
Lorsque le canon de la bible a été fixé au quatrième siècle, le tri a été sévère et les divergences notoires entre les évangiles retenus n’ont pas été effacées, c’est en quelque sorte un miracle, car l’église qui se constituait aurait pu succomber à la tentation de manipuler les témoignages par soucis de les homogénéiser.
Ils ne l’ont sans doute pas fait car les traditions des églises d’Orient et d’Occident divergeaient parfois et introduisaient une hétérogénéité somme toute acceptée. Bel encouragement pour ceux qui tentent actuellement de promouvoir l’acceptation d’une salutaire diversité des églises, gage de richesse plus que de handicap.
Malheureusement comme vous le savez, l’emprise des empereurs Romains post Constantinien sur l’église, à partir de 340, sonna le glas de l’acceptation de la diversité des théologies. La religion de l’empereur s’imposait dès lors à tous. Nos églises souffrent encore, 1700 ans après de cette union du glaive et de l’encensoir !
Pour mettre en relief la dimension hors du commun de Jésus, mais aussi pour rétablir un certain ordre parmi les multiples récits d’enfance colportés dans les communautés chrétiennes du moment, deux évangélistes Matthieu et Luc ont rédigé une relation de la naissance et de la généalogie  de Jésus.
Ni Paul, ni Jean n’ont pour leur part évoqués cet événement ou cette filiation. Les deux récits de Matthieu et Luc sont proches mais relatent parfois différemment les faits.
Ainsi les deux généalogies visant à rattacher Joseph à David ne sont pas concordantes, l’épisode des rois mages n’est évoqué que par Luc, le pays où habite Joseph à la naissance de Jésus n’est pas  Nazareth dans le récit de Matthieu contrairement à celui de Luc. Pour Matthieu, c’est seulement après le séjour en Egypte que Dieu pousse Joseph à venir habiter lui et sa famille en Galilée. Dans l’évangile de Luc l’annonce par l’ange de la naissance est faite à Marie, par contre elle est faite à Joseph dans l’évangile de Matthieu.
Luc dans un jeu extraordinaire de miroir traite ensemble de deux naissances miraculeuses , celle de Jean Baptiste et de Jésus. Chez Matthieu rien de tel.

Pour autant ces deux récits proches mais différents, sont-ils à rejeter ?
Faut-il oublier Noël pour cause de non historicité ?
Il est évident que les deux récits de la naissance de Jésus ne correspondent pas à la réalité, mais comme je viens de le dire, c’était chose normale à cette époque. Songez d’ailleurs que la seule source fiable disponible était probablement le récit de Marie !
Mais, et cela est fondamental, Matthieu et Luc ont cherché dans ces récits, à faire comprendre la nature de Jésus et son message en utilisant les rares témoignages disponibles.
L’événement relaté est pour le moins peu spectaculaire, il se déroule dans une étable d’une  bourgade de Judée, parmi les bergers seuls humains encore dans les champs. Il n’a pas du frapper les esprits des habitants enfermés dans leur maison bien closes pour se protéger du froid.  .
Ce héros Jésus est, en dépit de la présence d’anges à sa naissance, un anti héros.
Il vient au monde dans la pauvreté extrême, il est chassé de son pays pour fuir en Egypte, les premiers adorateurs sont des bergers, des êtres humains impurs en Judée, les rois mages représentent les étrangers pour lesquels Jésus est venu aussi et je dirai surtout car ils n’ont pas la chance de faire partie du peuple élu.
Enfin Jésus n’est pas tout à fait un être ordinaire, il est homme mais aussi Dieu.
A cette époque selon le pasteur Gilles Castelnau, le moyen Orient pensait dans sa majorité que les enfants étaient déjà totalement constitué dans le liquide séminal et que la mère n’était que le terreau propice à son développement durant 9 mois. Ainsi les naissances d’êtres remarquables ont souvent, dans les ouvrages antiques, pour géniteur un Dieu fécondant une vierge. Ce qui explique que les généalogies sont construites à partir des filières masculines.
Jésus posséderait ainsi la totalité des caractéristiques du père. Vrai Dieu  né d’une femme !
A noter que jusqu’à la fin du 18me siècle ceci était la thèse officielle de l’église catholique ! La création  étant terminée au 7me jour, tous les êtres vivants étaient considérés comme déjà créés, ils se trouvaient en germe dans le liquide séminal. La découverte des spermatozoïdes grâce au microscope, confortât un temps cette thèse. Chaque spermatozoïde était un petit homme qui se développait dans la matrice féminine. La femme était le pot de fleur recevant la graine.     
 Ceci étant, le temps de l’avent qui signifie l’avènement, a été institué dans les temps de l’église à la période du solstice d’Hiver, le soleil est alors au plus bas.
Et cela sert de signe conformément au récit de la Genèse.
« Dieu dit qu’il y ait des luminaires dans la voute céleste pour séparer le jour et la nuit ! Qu’ils servent de signes pour marquer les rencontres festives, les jours et les années, qu’ils servent de luminaires dans la voute céleste  pour éclairer la terre ! Il en fut ainsi.
Dieu fit les 2 grands luminaires, le grand luminaire pour dominer le jour et le petit luminaire pour dominer la nuit, ainsi que les étoiles. Dieu les plaça dans la voûte céleste pour éclairer la terre, pour dominer le jour et la nuit, et pour séparer la lumière. Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir et il y eut un matin : quatrième jour »
Bien sûr, il y a là un jeu entre l’éblouissante clarté de l’astre solaire, domaine de la vérité et celle du petit luminaire lunaire dominant à grand peine la nuit symbole du mal où nous sommes plongés.
Mais notez bien que si faible que soit la lumière lunaire, elle domine la nuit.
Note d’espoir exaucées par la naissance d’un  être capable de lier le jour et la nuit et de dominer les étoiles qu’il déplace à son gré pour guider les mages mais aussi l’ensemble des humains.
Voyez vous cette naissance au bout du long chemin préparatoire qu’est l’avent, l’événement au fonds de la nuit, c’est d’abord notre renaissance.
C’est de notre nouvelle naissance dont il s’agit, c’est le passage de l’état du vieil homme Adam à celui de disciple agissant de Jésus.
Il ne s’agit pas en ce temps préparatoire de se laisser béatement  emporter sur les chemins des festivités en acceptant comme du bon pain les billevesées des marchands de guimauve et les images d’un bonheur de pacotille complaisamment distillées par les responsables de la communication marchande.
Il s’agit de vivre une vraie joie en cherchant avec un dynamisme retrouvé à suivre Jean le Baptiste quand il dit « changez radicalement car le règne des cieux s’est approché ».
Jésus est là, il s’est approché pour nous, aussi pauvres de cœur que nous soyons, aussi affligés par l’adversité que nous soyons.
Une porte s’ouvre au bout de la nuit car Jésus est venu jusqu’au fond d’une pauvre étable pour nous saisir et nous sortir de la nuit en nous jetant sur les chemins de la vie. Je suis le chemin, la vérité et la vie nous dit-il.
Les récits de nos évangélistes, aussi matériellement inexacts qu’ils soient, symbolisent la raison d’être d’un enfant espéré par tout les  juifs  mais finalement rejeté car leurs yeux étaient aveuglés et leurs oreilles closes.
Mt 23:37 «  Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu ! »
C’est pourquoi ce temps de préparation qu’est l’avent doit être l’occasion de réfléchir sur notre cheminement et les moyens de le rectifier éventuellement pour renouer avec le guide Jésus. Ecoutons Paul pour conclure.

 RO 15:4
Or, tout ce qui a été écrit d'avance l'a été pour notre instruction, afin que, par la patience, et par la consolation que donnent les Écritures, nous possédions l'espérance.
 


lundi 18 novembre 2013

Prédication sur la vie donnée à Aubagne, La Ciotat et Marseille Magnan

Prédication sur la vie

Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au père que par moi.
Ce texte tiré de l’évangile de Jean (Jean 14 6), a constitué le thème de ma réflexion automnale.
Ma dernière prédication portait sur ce que signifie « la vérité », j’aimerais maintenant vous faire partager mes réflexions sur ce qui concerne « la vie ».
Je lirai successivement 3 textes, chacun d’entre eux apporte une information que je tenterai d’expliciter.
Le premier d’entre eux est tiré de l’ancien testament,  il s’agit de Deutéronome 30 15 à 20. Moïse est au seuil de la terre promise, Dieu lui a interdit d’y entrer, il va donc mourir,  il livre ici sa dernière injonction au peuple d’Israël qu’il tutoie.

“Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal.
Car je te prescris aujourd’hui d’aimer l’Eternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies, et d’observer ses commandements, ses lois et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu te multiplies, et que l’Eternel, ton Dieu, te bénisse dans le pays dont tu vas entrer en possession. Mais si ton cœur se détourne, si tu n’obéis point, et si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d’autres dieux et à les servir, je vous déclare aujourd’hui que vous périrez, que vous ne prolongerez point vos jours dans le pays dont vous allez entrer en possession, après avoir passé le Jourdain. J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction.
Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité, pour aimer l’Eternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix, et pour t’attacher à lui : car de cela dépendent ta vie et la prolongation de tes jours, et c’est ainsi que tu pourras demeurer dans le pays que l’Eternel a juré de donner à tes pères, Abraham, Isaac et Jacob.”

Cet extrait du discours de Moïse est typique de la vision de la vie par les Hébreux.
La vie d’un homme s’arrête à sa mort, sa fidélité aux commandements de Dieu ne peut que rallonger ses jours sur cette terre.
Par contre la vie se poursuit dans la postérité, la descendance.
La personne s’efface en quelque sorte au profit du peuple, bénédictions et malédictions concernent l’ensemble du peuple élu.
Il y a dans ce discours une dynamique admirable.
Ce vieillard qu’est Moïse est seul en face de son peuple, comme le dit avec emphase Alfred de Vigny qui place cette phrase dans la bouche de Moïse
« M'enveloppant alors de la colonne noire,
J'ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire,
Et j'ai dit dans mon cœur : Que vouloir à présent ?
Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant,
Ma main laisse l'effroi sur la main qu'elle touche,
L'orage est dans ma voix, l'éclair est sur ma bouche ;
Aussi, loin de m'aimer, voilà qu'ils tremblent tous,
Et, quand j'ouvre les bras, on tombe à mes genoux.
Ô Seigneur ! J’ai vécu puissant et solitaire,
Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre !
Toute la vie de Moïse consacrée à Dieu et à son peuple se termine par un cri « choisis la vie afin que tu vives »
Moïse  dispose encore du souffle qui a cadencé sa vie.
Cette vie c’est le souffle de Dieu  comme dit dans la Genèse (Gen 2-7)
«  Dieu souffle dans ses narines un souffle de vie et l’homme devient un être vivant »
Et ce souffle gonfle les poumons et initie le rythme de l’expiration respiration, le sang pulsé à quelques 60 battements par minute,  à son tour s’alimente en oxygène et parcourt la moindre cellule pour la dynamiser. Et l’organisme puise là l’énergie nécessaire à son mouvement.
Le peuple  élu a été vivifié, il est sorti de sa servitude, il a marché 40 ans, constamment en mouvement, rétif, enfantin parfois, mais mu par un Moïse chantre de son Dieu en dépit de son bégaiement.
Le souffle, le sang, le cœur qui bat, Dieu vient nous habiter pour nous mouvoir selon son rythme.
Les Hébreux ont fendu les eaux, le peuple Hébreux  a été accouché par Dieu, expulsé de la matrice Egyptienne. Il est ainsi devenu le peuple élu.
Moïse lui aussi avait été accouché du milieu des eaux porté par un radeau de branchages qui fait évidemment penser à l’arche de Noë.
L’eau, symbole même du mouvement est la matrice du vivant.
Il surgit toujours des flots du nouveau c’est ainsi que de l’eau baptismale émerge un être neuf.
Le chemin qu’a parcouru le peuple Hébreux durant quarante années l’a construit, ce fut le temps de l’éducation.
Jésus nous meut à son tour sur les traces de Noë, Abraham et Moïse pour nous proposer un cheminement nouveau « je suis le chemin, la vérité et la vie »
La seconde lecture  est tirée de l’évangile de Jean  5 19-29

“Jésus reprit donc la parole, et leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement.
Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu’il fait ; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l’étonnement. Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut.
Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l’a envoyé.
En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
En vérité, en vérité, je vous le dis, l’heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l’auront entendue vivront.
Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme.
Ne vous étonnez pas de cela ; car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, (5-28) et en sortiront. (5-29)
 Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement.”

Jésus ne parle pas à un peuple, il parle à chacun d’entre nous.
La patrie, la tribu, le clan, la famille n’attirent pas son attention, si ce n’est pour préciser qu’elles sont très secondes par rapport à la nouvelle entité formée par ses disciples, c’est ce que JC exprime en Mt 10:37-39
   “Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera.”
La vie éternelle est promise à ceux qui font le bien et ce dès maintenant, ils passent de la mort à la vie sans plus de complication, ceux qui ont fait le mal ressusciteront pour le jugement.
Comme le feu permet de séparer dans un minerai le métal précieux de la gangue, le jugement nettoiera des salissures du mal et restaurera un être neuf.
Songez à la parabole de l’enfant prodigue, enfant sali, coupable et malgré tout restauré dans sa qualité de fils.
Ainsi le message de Jésus, la bonne nouvelle, se différencie radicalement de celui de l’ancien testament.
Ce message concerne l’individu, celui-ci est de toutes façons sauvé par grâce, l’existence terrestre doit être placée sans cesse dans l’optique d’une recherche de compréhension inlassable de la volonté de Dieu dévoilée par JC.
Si nous tentons d’appliquer  les prescriptions ainsi présentées par JC, nous sommes rendus vivants. Nous éternisons notre vie.
La troisième lecture est tirée de la première épitre aux Corinthiens, ch. 15 versets 16 à 23.
   “Car si les morts ne ressuscitent point, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.
Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement.”

Ce texte illustre bien la pensée de Paul et sa théologie.
La figure mythique d’Adam  est celle d’un homme créé imparfait.
Cet homme, que nous sommes tous, est incapables de faire le bien par lui même, mais il est rendu apte à surmonter cette infirmité par un homme parfait, le nouvel Adam qu’est JC.
JC est parfait, c’est le modèle qui est l’illustration de la vérité, il est homme mais Dieu aussi car il a accès à l’arbre de vie du paradis. Il nous permet d’atteindre par l’esprit à la vérité de Dieu et à la vie pour laquelle nous sommes initialement conçus.
Dans notre existence souvent ballotée par les tourmentes qui ne manquent jamais, le guide qu’est Jésus est notre recours pour peu que notre porte lui soit ouverte.
N’oublions que rien ne doit entraver notre quête de la vérité.
L’homme est un être social, il s’inscrit dans une chaine de solidarités nécessaires pour assurer le gite, le couvert, l’éducation et la perpétuation de l’espèce.
Toutefois les contingences vitales ne doivent pas mobiliser complètement notre attention.
JC nous le dit : tout cela est second.
L’essentiel est la quête de la vérité sur le chemin où nous guide Jésus.
Sa famille est celle des disciples témoignant de leur appartenance au royaume.
Ce n’est pas superflu de l’affirmer alors que les luttes entre factions,  religions  ravagent notre monde.
L’émergence de l’idée nationale au 19 me siècle a induit des conflits et des actes de barbarie à la cruauté insensée.
Toutefois une prise en main des problèmes sociétaux par des organisations internationales est encore aujourd’hui une raison d’espérer.
Ces avancées ont été promues pour l’essentiel par des chrétiens dont la ténacité est liée à leur espérance en un monde nouveau fondé sur les valeurs évangéliques.
C’est pourquoi nous ne pouvons rester impassibles devant l’effritement de l’idéal Européen et le dédain qui est de mise vis-à-vis de l’ONU et des organismes mondiaux.
L’ONU n’est pas un machin comme le disait de Gaulle. Il permet de nourrir des millions de réfugiés, de permettre à tous les représentants des nations de s’exprimer et d’œuvrer pour la culture, l’éducation et la protection de la planète ainsi que pour la paix si difficile à instaurer dans un monde ravagé par les marchands d’armes et les dessins avides de malandrins fortunés.
Ces forbans ne reculent devant rien pour enfler leur escarcelle ; mise en coupe réglée des forêts, asservissement de populations entières, diffusion de poisons affectant le vivant et menaçant des espèces de plus en plus nombreuses dont la notre.
Suivre Jésus pour vivre, c’est lutter avec nos moyens pour proposer sans cesse d’autres manières de vivre, d’autres manières de solutionner les conflits, d’autres façons de respecter la vie.
Une vie qui est la perspective du Chrétien, la bonne nouvelle exprimée dans l’apocalypse chapitre  22 versets 1 à 5.
 “Et il me montra un fleuve d’eau de la vie, limpide comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’agneau. Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, il y avait un arbre de vie, produisant douze fois des fruits, rendant son fruit chaque mois, et dont les feuilles servaient à la guérison des nations. Il n’y aura plus d’anathème. Le trône de Dieu et de l’agneau sera dans la ville ; ses serviteurs le serviront (22-3) et verront sa face, (22-4) et son nom sera sur leurs fronts. Il n’y aura plus de nuit ; et ils n’auront besoin ni de lampe ni de lumière, parce que le Seigneur Dieu les éclairera. Et ils régneront aux siècles des siècles.”


Nous croyons Seigneur que tu es le chemin, la vérité et la vie. Amen